Aude Seigne

Aude Seigne a publié Chroniques de l’Occident nomade aux éditions Paulette en 2011, qui lui a valu le prix Nicolas Bouvier au festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo. La même année, le livre est réédité aux éditions Zoé. Elle reçoit en 2012 une bourse culturelle de la Fondation Leenaards, qui lui permet d »écrire son deuxième livre, Les Neiges de Damas, paru en 2015, également aux éditions Zoé.

Sinon, Aude Seigne ne sait pas dire quand les choses commencent ou finissent.

Elle dit qu’elle a commencé à écrire à 10 ans, parce qu’elle avait demandé une machine à écrire pour officialiser la chose. Mais l’histoire des animaux qui se promenaient dans la forêt ne trouvait pas sa suite. Elle se dit s’être dit « je n’ai rien vécu, je n’ai que 10 ans, mais un jour j’aurai de la matière à écrire ». En vérité, elle voulait aussi être astronaute pour aller sur la lune, factrice comme celui qui apportait des Sugus, aventurière comme Indiana Jones, maîtresse d’école comme la maîtresse, et pharmacienne parce que ça sentait bon.

Elle dit que la passion du voyage est née à 15 ans en Grèce, parce qu’avant ça il y avait eu quatre années de noirceur, tache d’encre dont elle ne parle pas et qui se ramifie un peu toujours jusqu’au présent. En vérité ce n’était pas son premier voyage, même pas son premier voyage en Grèce, elle n’était certainement pas seule, et rien ne sauve complètement d’une tache d’encre.

Elle dit que tout a changé à 23 ans, au retour d’un voyage à Damas, que s’est terminée l’insouciance et avec elle le bonheur exponentiel qu’elle avait mis en place depuis ses 15 ans. En réalité, les deux extrêmes ont toujours été là, elle navigue entre le très noir et le très bleu, qui lui fait souvent oublier le noir.

Elle place ainsi des jalons : 10 ans, 15 ans, 23 ans. En vérité ce ne sont pas les jalons qui ont construit ce qu’elle est, mais ce qu’elle est désormais qui choisit les jalons. Elle oublie souvent de mentionner qu’elle a été gymnaste à risques, tennis-girl stagnante, flûtiste  frustrée, brasseuse de potion magique valaisanne, gameuse mystique, apprentie mannequin, athlète asthmatique, chanteuse prêtresse, pianiste autodidacte, cycliste, yogini, cosmétologue, et que l’apparition d’internet à 13 ans l’a autant marquée que la lecture de Nicolas Bouvier à 18 ans.

NDLR : chaque auteur-e a signé son propre portrait.