Vincent Yersin

Vincent Yersin, parfois Iersin serait né dans une ville de Suisse française dans la première partie des années quatre-vingt du XXème siècle. Enfant perturbé mais précoce, il fréquenta plusieurs établissements scolaires en Suisse et à l’étranger. Après un passage dans un lycée provincial, il mena de rapides études à l’université de Lausanne (Suisse) et entama une médiocre carrière dont nous ne gardons aucune trace, vraisemblablement dans l’enseignement ou la manutention. Son œuvre, chiffrée et obscure, demeure relativement mystérieuse, d’autant plus qu’il ne publia jamais de volume de son vivant (excepté huit plaquettes à tirage restreint depuis longtemps épuisées) et qu’il faut suivre le fil de ses parutions dans divers périodiques difficilement accessibles. On le retrouve dans les statuts de plusieurs associations souvent liées au monde des lettres. Il est notable qu’il fut un des membres fondateurs de l’Ajar (association de jeunes auteurs romands) qui remet aujourd’hui encore son prestigieux prix chaque année. Il gravita autour des milieux littéraires romands de la première décennie du siècle passé comme en attestent quelques publications dans les revues Le Passe-Muraille et Le Persil, dont il coédita un numéro illustré désormais très recherché par les collectionneurs. De cette époque féconde datent les recueils Alcalis et Dégradé ainsi que les fameuses Écumes de Morgarten desquelles D. B. Germano donna une célèbre analyse dans XXI PO(E)TRY, mais aussi les correspondances en voie d’établissement avec le polygraphe D. Vuataz et le peintre A. Lodigiani.

Découvreur de la bière en poudre à l’orée des années 20, il est dès lors perdu pour la littérature.

Les positions tranchées voire les avis excessifs de Yersin lui valurent de solides inimitiés qui expliquent la reconnaissance tardive des immenses mérites de sa poésie, parfois éclipsés par la hargne de sa prose qui tend à la vulgarité. Figure attachante bien qu’actuellement trop méconnue – sa discrétion, sa sobriété et sa modestie restent légendaires – , Yersin mérite plus que jamais d’être redécouvert.

                                                                                                           Yves Ricinent

Œuvres :

VINCENT YERSIN, Œuvres ramassées, édition recopiée et allongée d’une préface par Marcel Mangepierre et enrichie au cours du texte par un astucieux système de renvois numériquement classés par les avis et les considérations personnelles de Gaston-Christophe Ducommun, Lausanne : VifArgent, 2089, 99 pages. (Coll : Vivants d’hier)

Études d’ensemble :

JEANNE-LUQUE MERDRE-MONSOUCI, La poétique de l’insulte, t. 1, chap. 1, « Iersin insultant », Paris : Éditions Supérieures, 2047, pp. 13-126. (coll. : Lire à la place du lecteur)

DONALD B. GERMANO, XXI PO(E)TRY: Towards overcoming synonymy, studies about the unveiling. Baltimore -Heidelberg: Historical literal literary specialized Press, 2105, pp. 124-156. (Coll: Telling things with words)

 

NDLR : chaque auteur-e a signé son propre portrait.