Julie Mayoraz

J’étais en retard sur mes petits camarades de l’AJAR.

J’étais en retard, et je ne le savais même pas. A l’époque où ils remportaient le Prix Interrégional Jeunes Auteurs, je gribouillais quelques vagues états d’âmes niaiseux sur des feuilles de cours. A six ans, pourtant, j’avais rédigé mes premiers « il étè une foua » : des histoires passionnantes de pays très lointains et de bergers aux moutons roses et jaunes. L’imagination débordait déjà. L’écriture titillait, mais restait inachevée. Et le resterait longtemps.

J’y reviendrais, en reviendrais, dans un aller-retour incessant, pour n’aboutir à ma toute première fin qu’en 2011. La fin d’une nouvelle commencée des années plus tôt dans une cafétéria de l’université – parce que j’attendais quelque chose, ou quelqu’un, je ne sais plus, que je m’ennuyais ferme et que je n’avais rien trouvé de mieux à faire – et qui finirait un peu par hasard dans les bureaux du Prix du Jeune Ecrivain.

Je n’imaginais pas que cette fin-là aboutirait au coup de fil étrange d’un numéro français, dans une chambre d’hôtel de Copenhague. Je n’imaginais pas qu’elle m’amènerait à trouver enfin ce qui manquait à mon envie d’écrire.

Les rencontres qui devaient la nourrir.

NDLR : chaque auteur-e a signé son propre portrait.